Paul Favreau nous a quitté le 18 avril

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Paul Favreau, ancien président de la Fédération Départementale des cuma de Vendée, de la FRcuma Ouest et de la Fédération Nationale, nous a quitté le 18 avril, à l’âge de 84 ans. Paul Favreau avait forgé sa culture humaniste au sein de la Jeunesse Agricole Catholique. Il s’engagea très tôt au Centre des Jeunes Agriculteurs, puis à la section syndicale « structures » de son canton.



Dans les années 1970, il est l’actif président de sa cuma à Mouzeuil St Martin, et il vit concrètement les réussites et les difficultés du travail en commun. Il devient trésorier, puis président de la Fédération des cuma de la Vendée, à la suite de Denis Raffin. C’est l’époque où l’agriculture vendéenne découvre la généralisation de la mécanisation. Pour Paul, il s’agit d’allier le progrès et la solidarité, et la cuma lui semble un outil très bien adapté. La Vendée a déjà développé un réseau important, qu’il faut structurer et moderniser, à travers la Fédération.

Paul Favreau a le sens des actions collectives. Il engage sa Fédération à travailler avec les autres structures du grand ouest. La Fédération Régionale Ouest est créée, d’abord au sein du CEDAG, le Centre d’Etudes et de Développement de l’Agriculture de Groupe. Un journal, Entraid’Ouest, est édité, qui sera un lien entre toutes les formes sociétaires et associatives de la grande région. Le Salon des Fourrages, grande manifestation populaire annuelle, devient un lieu de rencontre autour de la mécanisation, mais également des nombreuses réalisations collectives agricoles de l’ouest.

En 1981, Paul Favreau devient administrateur, puis président de la Fédération Nationale des cuma. Il s’agit là aussi d’aider à la structuration et à l’unité du mouvement national, dans sa diversité, sur l’ensemble du territoire. Il travaille activement à sa reconnaissance par les Pouvoirs Publics, le syndicalisme, les Chambres d’Agriculture. Paul tenait essentiellement à l’indépendance du mouvement des cuma, respectueux en cela des opinions diverses exprimées la plupart du temps dans les structures locales. Mais l’insertion dans le réseau plus vaste des coopératives agricoles lui semblait essentielle, car il y retrouvait les valeurs fondamentales de solidarité, de démocratie et de développement local. Il a activement participé à l’ancrage de la Fédération Nationale des cuma dans la Confédération des Coopératives Agricoles.

Paul Favreau était très respectueux des personnes et des opinions diverses. Sa discrétion légendaire lui permettait d’écouter la parole de chacun, pour en traduire une synthèse toujours pleine de bon sens.

C’est un grand serviteur de l’agriculture et un homme de cœur qui nous quitte.

Marcel Godreau


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Congrès FNcuma 2002 - Granville

04/06/2002

Interview Paul Favreau : historique de la FRcuma Ouest


A l’Ouest, comment les cuma ont-elles organisé leur mouvement ?

Cela commence en 1957 avec la première délégation régionale des cuma confiée à Paul HAVARD en Bretagne. Ensuite, les gens des cuma, tel Pierre RESTIF d’Ille-et-Vilaine sont parties prenantes dans la création du CEDAG en 1962. Ce Centre d’Etude et de Développement de l’Agriculture de Groupe défend la mise ne place d’une agriculture associative sur les 3 régions du Grand Ouest, même si tous les départements ne sont pas encore représentés.


Pourquoi les 3 régions ?

Les personnes à l’origine du CEDAG, telles que Louis MALASSIS, enseignant à l’école d’agronomie de Rennes, travaillaient sur les 3 régions. Les structures qui naîtront du CEDAG – c’est vrai pour le comité régional des cuma mais aussi pour la CCAOF (Confédération des Coopératives de l’Ouest de la France), l’INPAR (Institut National de Promotion Agricole de Rennes), TPR (Télé Promotion Rurale), qui prendront dès leur création un dimension interrégionale.


Comment les gens des 3 régions se sont mis à travailler ensemble ?

Au sein du CEDAG, il existait une commission des cuma qui portait le nom de comité régional des cuma et qui travaillait sur l’animation des cuma sur le terrain. « Depuis longtemps, les cuma se sont retrouvées dans leur département respectif au sein de leur fédération. Mais très vite, leurs responsables ont pensé qu’il serait bon de se rencontrer pour mettre en commun leur espérance, confronter leurs problèmes, leurs réalisations. C’est vers 1962-63 qu’auront lieu les premières réunions de présidents et d’animateurs de FDcuma existant alors.

Peu à peu, ces contacts se sont révélés positifs et les participants ont éprouvé le besoin de se retrouver à des dates plus rapprochées. Vers 1970, la vie régionale a vraiment pris forme et vers 1974-1975, la structuration s’est concrétisée réellement dans le cadre tout indiqué du CEDAG, qui renouvelait alors ses statuts.

Dans ce cadre régional, s’est peu à peu mis en place, à partir des témoignages de chaque département, des essais et recherches des groupes, « une certaine idées des cuma », de leurs possibilités dans l’amélioration des conditions de vie des agriculteurs, de l’accès possible à l’évolution du machinisme, même pour les exploitations de petite taille, du développement avec un grand D, au service des hommes, et non un enveloppement par les requins qui surgissent dans notre profession et qui ne pensent que « compétitivité et libéralisme ».

Le rôle de ce comité régional n’a pas été défini en haut lieu, mais il s’est précisé au fil des réunions. La concertation interdépartementale a été la base du programme de travail. Tous les problèmes concernant les cuma y ont trouvé leur place. Rappelons par exemple l’action du comité régional pour l’obtention des prêts bonifiés. Le problèmes de formation ont été aussi au centre des débats du comité régional, formation des responsables de cuma et des salariés par des sessions et des tables rondes permettant de comparer des modes d’action dans des situations identiques. »(François AMIAUX, président de la FDcuma 56, 30/11/1978, premier congrès régional des cuma de l’Ouest)

Le comité régional a beaucoup fait pour la reconnaissance des cuma dans l’Ouest. C’est l’union des forces des structures et des hommes qui s’y impliquaient qui a permis d’avancer. Ce qui se disait, c’était par exemple, qu’il y avait besoin de structurer notre réseau et cela aboutira, par exemple au lancement en 1973-74 d’un bulletin de liaison du CEDAG, qui prendra le nom d’« entraide-ouest », et dans lequel les fédérations de cuma vont pouvoir exprimer auprès des cumistes les revendications et les avancées techniques.


Le CEDAG regroupait la plupart des organisations professionnelles agricoles de l’Ouest. Quelle autonomie les cuma trouvaient-elles dans cette structure ?

Le comité était autonome. Il se réunissait quand bon lui semblait, sans la venue des autres membres du CEDAG et sans s’y référer. Et puis les cuma avaient un force : leur représentation sur le terrain et leur organisation en fédération dans chaque département. Cela nous donnait un poids fort par rapport aux autres membres du CEDAG, notamment les GAEC.


Petit à petit, le comité régional des cuma a pris de plus en plus de liberté dans son organisation ?

En novembre 1978, un premier congrès régional (que l’on appelait d’ailleurs conseil) a lieu à Rennes. On est dans une période où la lutte pour la défense des valeurs de la coopération est dure. Les cuma ont dû s’organiser pour faire reconnaître leur position. A l’Ouest, il y eut la manifestation à Vitré devant la permanence du ministre. Puis en novembre 1978, donc, les délégués des 12 fédérations départementales se retrouvent pour faire le bilan et organiser des actions futures pour assurer l’avenir des cuma. En particulier, à la suite d’un rapport sur « les cuma et le développement », présenté par Pierre RESTIF, de la FDcuma d’Ille-et-Vilaine, au cours du Congrès national (d’après un travail des délégués des fédérations de l’Ouest), le comité régional va adopter une résolution sur ce thème du développement, dans le but de donner une orientation pour l’avenir en affirmant une autonomie d’action.


Et le travail régional s’est poursuivi. On peut signaler le premier Salon des Fourrages en 1980, en Loire-Atlantique à Châteaubriant.

Oui, là aussi, l’idée d’organiser une manifestation au niveau régional s’était imposée tout naturellement. En 1975, en Ille-et-Vilaine, il y avait eu une démonstration de matériel au champ (des roundballers), puis en 1978, à la ferme de l’INRA à côté de Rennes, on avait organisé un colloque sur l’eau. Ensuite, il nous était venu l’idée de faire un mélange des deux : à la fois colloque et démonstration, c’est-à-dire un salon au champ. Le premier salon a été un succès et l’idée a bien grandi par la suite.


L’autonomie des cuma au sein du CEDAG s’officialisera en 1982 avec la création de la FRcuma.

Il y eut quelques problèmes internes au CEDAG, d’ordre politique, ce qui nous poussa à créer notre propre structure indépendante, afin de mieux encore faire reconnaître le rôle que jouaient les cuma en terme de développement.

Votre bilan du réseau cuma dans l’Ouest ?

Je pense que l’on peut dire que l’union des douze départements en un réseau apporte une force indéniable à la réflexion, à l’action, à la solidarité entre nous, à l’action d’envergure (Entraide Ouest, SAFIR). Les cumistes y ont apporté une contribution active souvent déterminante. Le réseau cuma organisé a fait preuve des ses capacités. L’évolution concomitante du comité régional des cuma et du CEDAG, réalisée tout en faisant en sorte que chacun conserve son identité, a été très bénéfique.

LA force du réseau, ce sont les hommes : agriculteurs, techniciens, animateurs. Ils ont senti le besoin de se retrouver pour s’adapter ou plus exactement orienter l’évolution. La participation au CEDAG, les contacts avec la Recherche et l’Enseignement, le rôle joué par les MALASSIS, LOQUAIS, RESTIF, HAVARD, ARNAUD et bien d’autres ont permis tout cela. Tous ces contacts, souvent accompagnés de frottements, ont joué, je le pense, un rôle positif dans l’évolution des mentalités des cumistes qui, dans l’ouverture des cuma au-delà des machines ont inscrit nos coopératives, dans l’agriculture, dans le rural et enfin dans la société.

 

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