Le foin-silage : maïs de demain ?

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Alors que l’intérêt des légumineuses fourragères est unanimement reconnu, leur place dans les systèmes demeure limitée. Et si le collectif était un levier pour dépasser les freins ? Après les chantiers d’ensilage, les chantiers de foin-silage en cuma ?
Près de 35 personnes ont répondu à l'invitation des partenaires normands du projet Luz'co, mardi 28 février à Villers-Bocage.

Le titre le suggérait : les légumineuses fourragères seront-elles le maïs de demain ?
Autrement dit, la luzerne et ses consoeurs ont-elle vocation à détrôner la suprématie du maïs dans les systèmes de polyculture-élevage ? Et l'organisation collective (en cuma, ou sous d'autres formes) peut-elle être un levier de cette transition, comme elle l'a été lors de la révolution fourragère d'après-guerre ?

Si la plupart des présents étaient convaincus des nombreuses vertus des légumineuses, ils estiment - réalistes - que le maïs a encore de beaux jours devant lui. Il faut dire que les chiffres présentés par Pascal Bisson sont sans appel : 79% de la ration hivernale moyenne des adhérents de Littoral Normand est assurée par le maïs quand les légumineuses ne représentent que 2.2% des fourrages distribués !

La journée a surtout permis d'explorer des pistes qui permettront à ceux qui le souhaitent de renforcer la place des légumineuses fourragères dans leur système et d'en tirer le meilleur parti.

Gilles Crocq, expert cultures et fourrages du Clasel, est ainsi revenu sur les conditions à réunir pour optimiser la valeur alimentaire de la luzerne et autres légumineuses.
Il a rappelé l'importance capitale du stade de récolte, en déminant au passage une idée reçue : nul besoin de faire fleurir coûte que coûte une luzernière ; elle vivra 4 à 5 ans sans problèmes et la valeur alimentaire avant floraison sera bien meilleure.
Il a surtout plaidé pour le foin-silage, c'est à dire pour l'enrubannage ou ensilage d'un fourrage qui est déjà à + de 50% de MS. Pour lui, il est en effet capital de maximiser le séchage dans les 1ères heures après la coupe pour préserver la qualité - ce qui passe par un choix de matériels adaptés et une organisation des chantiers performante. Et quand le climat ne permet pas de finir le séchage au champs (comme c'est souvent le cas en Normandie), alors le foin-silage apparaît comme la meilleure solution.

Les échanges ont ensuite porté sur les actions collectives susceptibles de favoriser le développement des légumineuses fourragères.
L'enquête réalisée par les partenaires du projet Luz'co révèle que les légumineuses sont actuellement souvent reléguées à des petites parcelles et que le matériel utilisé n'est pas toujours adapté : l'investissement en cuma dans des matériels spécifiques (faucheuses ou andaineurs qui optimisent l’exposition du fourrage au soleil et son aération) ou la mise en place d'assolements en commun apparaissent comme des alternatives intéresssantes.
L'essor de la méthanisation pourrait également être un levier : l'étude conduite par la fédération des cuma de Basse-Normandie et le Segrafo auprès des méthaniseurs bas-normand a ainsi mis en évidence qu'une part non négligeable de la chaleur issue de la cogénération du biogaz est actuellement perdue : il y a donc un potentiel pour développer le séchage de fourrages sur le territoire environnant ces unités, y compris pour d'autres exploitations, moyennant la mise en place d'une organisation adéquate.
Enfin, les participants ont souligné l'intérêt des démarches de partenariat entre des producteurs de luzerne - notamment des céréaliers - et des éleveurs, contre monnaie sonnante et trébuchante ou en échanges d'autres produits (fumier, paille, etc.).

Ces thèmes continueront d'être explorés dans les mois et les années à venir par le réseau cuma et ses partenaires au sein du projet Luz'co, et en lien avec l'ensemble des groupes concernés.

Contacts : fabien valorge et etienne fels

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