DOSSIER : délégation, un accompagnement pour répondre à des besoins croissants

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Les exploitations agricoles évoluent dans un contexte marqué par des besoins en main d'œuvre croissants. La délégation des chantiers figure comme un des leviers pour y répondre. Les fédérations de cuma de l'Ouest proposent un accompagnement adapté pour développer ces services clés dans l'optimisation du travail des agriculteurs.
Ce dossier a été réalisé dans le cadre du projet Casdar Arpida DARTEQ, en partenariat avec les fédérations de cuma de Normandie et la Chambre Régionale d'Agriculture de Normandie.

Un contexte à déléguer : évolutions des exploitations et besoins en main-d’oeuvre

Pour comprendre les enjeux de la délégation, il faut d’abord s’intéresser à quelques évolutions que connaissent les exploitations agricoles. L’évolution du nombre d’actifs agricoles, ainsi que leur statut montre que la main-d’œuvre familiale diminue tandis que la main-d’œuvre salariée augmente.  

 

 

Une augmentation de la main-d’œuvre ponctuelle est également observée : salariés saisonniers, Cuma (Coopératives d’Utilisation de Matériel Agricole), ETA (entreprises de travaux agricoles), ou salariés des services de remplacement. Ces actifs agricoles non permanents sur l’exploitation représentent 7 % des UTA régionales totales, alors qu’ils n’en représentaient que 4 % en 2000.

Cette évolution impacte le contenu et l’organisation du travail car, en compensant la baisse de la main-d’œuvre familiale par le salariat (permanent ou occasionnel) et/ou la délégation (Cuma, eta…), on modifie la répartition des tâches habituelles entre les différents travailleurs et on en ajoute de nouvelles comme le management par exemple.

En parallèle, tandis que le nombre d’actifs familiaux diminue, les tailles d’exploitations augmentent. En effet, la taille moyenne de l’exploitation normande est passée entre 2003 et 2013 de 46 à 64 ha (toutes exploitations confondues). Il y a également de plus en plus d’exploitations de plus de 100 ha en Normandie : elles représentent un quart des exploitations normandes en 2016 contre 11% en 2000 et occupent deux tiers de la SAU (contre 42% en 2000).

En résulte alors une intensification et une complexification du travail pour l’agriculteur qui entraînent des modifications profondes que ce soit dans la nature du travail réalisé (des tâches administratives qui prennent de plus en plus de place, plus d’automatisation, un pilotage de l’exploitation plus conséquent …) ou dans son organisation (qui renvoie à de nouvelles compétences et à de nouvelles préoccupations).

Ces modifications exacerbent le besoin de main-d'œuvre sur les exploitations. Pour y répondre, la délégation peut être une des solutions.

 

Se faire accompagner pour déléguer ? C’est possible !

Pourquoi faire le point sur son organisation du travail et son rapport au métier d’agriculteur est important.

Une des premières étapes à la mise en place de la délégation sur son exploitation est de faire le point sur son organisation du travail : quelles évolutions souhaitées sur l’exploitation, quelles tâches sont réalisées, par qui, etc. Ce travail d’analyse est déterminant : il permet d’identifier les besoins et les envies de l’agriculteur pour proposer une nouvelle organisation en accord avec ses objectifs de production et ses aspirations professionnelles. Au-delà de l’organisation du travail, s’interroger sur la délégation revient à questionner son rapport au métier d’agriculteur : dans quelles situations je me sens le mieux ? Quel sens je souhaite donner à mon métier ? Et ce questionnement n’est pas si facile à conduire !

 

Pour accompagner les agriculteurs dans cette démarche et leur permettre d’identifier les chantiers et les tâches potentiellement délégables, les fédérations de cuma et les Chambres d’Agriculture de Normandie proposent un accompagnement via un entretien d’une heure trente. Une fois ce travail qualitatif réalisé et les besoins identifiés, l’agriculteur peut alors évaluer les coûts et bénéfices de la délégation.

 

Pratique :

Calvados, Manche, Orne : Valérie Letellier - valerie.letellier@cuma.fr

Eure, Seine-Maritime : Denis Letellier - denis.letellier@cuma.fr 

CRAN : Romain Dancet - romain.dancet@normandie.chambagri.fr

 

Mécaflash travail, un outil pour évaluer les coûts et bénéfices de la délégation

 

Pour initier la délégation de chantiers sur une exploitation, l’une des premières questions qui se posent est “combien cela va coûter ?”, suivie de “quelle plus-value pour mon exploitation?”

Pour y répondre, les fédérations de cuma de l’Ouest ont élaboré l’outil Mécaflash travail.  En renseignant les cultures et travaux de l’agriculteur, le Mécafalsh travail permet d’afficher des repères de coûts de la délégation des chantiers optimisés et adaptés à l’exploitation  pour répondre à la question “si je délègue tel chantier, combien ça va me coûter ?” ; mais aussi d’évaluer le temps gagné par la délégation, ce qui permet de voir que “déléguer me permet de passer tant d’heures par an à autre chose”

 

Pour aller plus loin, il est également possible de comparer le coût de prestation complète en cuma au coût de revient actuel de l’agriculteur, chantier par chantier. 

 

Ces repères sont un support pour : 

  • l’exploitant qui se questionne sur la délégation de ses chantiers et/ou l’optimisation de ses charges de mécanisation, 
  • la cuma qui se questionne sur l’embauche d’un salarié et/ou la mise en place de nouveaux services,
  • l’animateur ou le conseiller qui cherche un outil pour sensibiliser à la délégation ou pour accompagner un agriculteur ou un collectif.
 

Vous êtes intéressé·e ? Contactez votre fédération de cuma de proximité.

 

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