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Depuis la mise en place, en 1945, du statut des cuma par le Ministre breton de l'agriculture, Tanguy Prigent, la marche des cuma dans la région Ouest a été longue.
Les premières cuma ont réellement pris forme dans les années 1950, héritières des syndicats de battages, basées sur l'entraide rurale très développée à cette époque autour de la cellule familiale
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1945-1955 : la naissance des cuma, le plan Marshall
En 1947, naît la cuma de Saint-Jean-sur-Couesnon (35), première cuma de l'Ouest.
Sur la première décennie suivant la deuxième guerre mondiale, nombre de cuma voient le jour avec l'aide du Plan Marshall, qui donne la priorité aux cuma pour l'acquisition des tracteurs. Mais cette mesure louable aboutit souvent à des cuma de circonstance, dans lesquelles le tracteur n'est utilisé que par l'initiateur du projet. Ces cuma n'allaient pas résister à l'augmentation du coût des tracteurs.
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1955-1966 : la nouvelle génération des cuma de production
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Seules les cuma issues des réseaux d'entraide préexistants, de syndicats de battage ont continué leur route. L'accès à la mécanisation moderne est encore difficile pour nombre de petits et moyens exploitants. Des mesures politiques incitatives (exonérations fiscales, détaxe des carburants dans limitation, ristourne sur les matériels 15%, réduction de 7 à 4 du nombre d'adhérents…) vont soutenir le développement des cuma. En 1957, la première délégation régionale des cuma voit le jour en Bretagne (5 départements historiques) ; les premières fédérations départementales apparaissent.
La généralisation de la mécanisation dans les exploitations agricoles avait lieu. Les cuma permettaient l'acquisition d'un savoir-faire technique à un moindre coût. Mais l'intérêt social et humain apparaissait chaque jour plus évident en matière de libération, de solidarité et de promotion de l'homme, rejoignant ainsi les objectifs de nombreux militants de la Jeunesse Agricole Chrétienne.
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Paul Havard, premier délégué régional des cuma en Bretagne
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1967-1977 : les cuma sur la touche
Le nombre de cuma a progressé jusqu'en 1972, avant de régresser sensiblement dans les 5 années suivantes. La période a mis en avant des modèles de développement très individualistes. Le mythe du chacun pour soir, surtout dans l'équipement en matériel.
Le cuma bénéficient alors de peu d'aides ; quelques Conseils Généraux maintiennent une petite aide financière. Les fédérations départementales de cuma, qui existaient pratiquement dans tous les départements de la région ne bénéficient que de moyens très modestes ; l'animateur, quand il existe, partage son temps avec d'autres tâches.
De 1972 à 1975, les éléments fragilisant le mouvement cuma sont nombreux : exigences comptables de l'administration (difficiles à respecter sans appui extérieur), harmonisation des statuts suite à la loi de 1972, complication de la TVA pour les responsables.
Dans cette période difficile, les responsables des cuma de la région décident en 1972 de se retrouver au sein d'un comité régional des cuma fonctionnant comme une commission du Centre d'étude et de développement de l'agriculture de groupe (CEDAG). Cette structure fondée en 1962 par Louis MALASSIS (professeur à l'Ecole supérieure agronomique de Rennes) et un groupe d'agriculteurs est une association d'organisations agricoles de Bretagne, Pays-de-la-Loire et Basse-Normandie. A l'époque, tout ce qui concernait l'agriculture de groupe était réfléchi au niveau interrégional : Télé Promotion Rurale, Confédération des coopératives agricoles de l'Ouest de la France (CCAOF), INPAR (Institut National de Promotion Agricole de Rennes). Le comité des cuma militera pour une reconnaissance des cuma dans leur rôle de groupe de développement au niveau local. En septembre 1973, paraît le premier bulletin de liaison des cuma en Ille-et-Vilaine ; à la même époque, le CEDAG publie entraide ouest. En 1974, les deux publications fusionnent et donnent naissance au journal des cuma de l'Ouest, qui prend le nom d'entraide Ouest.
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Les années 1980 : les cuma s'installent dans l'agriculture de l'Ouest
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Les années 1980 furent la période d'un développement fulgurant des cuma dans l'Ouest : 1600 en 1977, 3000 en 1989. Plusieurs raisons expliquent cette poussée :
- une évolution rapide des systèmes fourragers qui a consacré la place du maïs fourrage dans la région et des groupes de mécanisation de cette culture ; parallèlement, des cuma travaillent déjà sur la qualité de l'herbe (préfanage). En juin 1980, à Châteaubriant (44), 6000 personnes participent au premier Salon des Fourrages.
- la nécessité de contenir l'augmentation des charges face aux incertitudes économiques et réglementaires (chocs pétroliers, quotas laitiers) ; les cuma vont s'imposer comme un moyen de diminuer les coûts de production.
- l'organisation sociale se modifie : la structure familiale ne joue plus le même rôle dans l'agriculture, avec notamment le travail de beaucoup de conjoints à l'extérieur de l'exploitation ; la transmission des exploitations est difficile ; par ailleurs, la recherche de meilleures conditions de travail pousse les agriculteurs à réfléchir à une autre organisation du travail. La cuma est souvent une réponse aux questions posées par ces évolutions, en raisonnant de manière globale mécanisation et organisation du travail.
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  Le Salon des Fourrages à la une de Entraide-Ouest en juillet 1980...
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Les années 80 furent aussi l'occasion de belles batailles, parmi lesquelles le combat pour l'octroi en 1982 de prêts bonifiés aux cuma, rétablissant partiellement une injustice de plusieurs années.
Le 30 novembre 1978, le premier congrès régional des cuma de l'Ouest a lieu à Rennes ;c'est une nouvelle étape dans l'organisation du réseau qui aboutira le 16 mars 1982 à la constitution de la fédération régionale, associant les 12 fédérations de l'Ouest dans une véritable démarche de réflexion collective.
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